Biographie de Gaston Bertrand

mardi 11 novembre 2008
par  Benoit VAN DEN HOVE
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Né à Wonck-sur-Geer (actuellement fusionnée avec Bassenge, province de Liège), d’une mère néerlandaise et d’un père belge, il a été obligé de gagner sa vie très jeune. Il perdra son père à l’âge de 11 ans.

Tout en exerçant différents petits métiers (il refusait d’être à la charge de sa mère), il apprend les rudiments du dessin au cours du soir à l’École Saint-Luc de Bruxelles (1927-1931) et à partir de 1933, à l’Académie de Bruxelles (cours de Henri Van Haelen et d’Anto-Carte), puis à l’Académie de Saint-Josse-ten-Noode (1932-1937, cours de Henri Ottevaere et de G. Fontaine). Au départ, il produira beaucoup de croquis et vers 1935 il s’essaiera à la peinture à l’huile.
A l’académie de Saint-Josse-ten-Noode, il se lie d’amitié avec Anne Bonnet et Louis Van Lint et peindra ses premiers nus. Tous trois participent, en 1938, à « Art Jeune », exposition organisée par Charles Pry à la Galerie Atrium.

En 1937, Gaston Bertrand reçoit la quatrième bourse du Prix de Rome (8.000 francs belges) grâce à laquelle il séjourne un mois à Paris, l’année suivante. A Paris, il effectuera plusieurs vues des Tuileries. En 1939, il est le cofondateur du groupe éphémère « la Route Libre » qui n’organise qu’une seule exposition à Bruxelles en mars 1940. Il est également cofondateur du groupe « Apport » auquel il participe régulièrement. En peinture il traite les thèmes de la foule et de la plateforme.

En mai 1942, lors de sa première exposition personnelle, il présente un ensemble d’œuvres qui traduit bien sa volonté d’originalité et de créativité. La même année il sera dispensé de Travail Obligatoire à cause de ses problèmes pulmonaires. En 1944, 1946, 1949, la Galerie Apollo lui consacre une exposition monographique.

Membre-fondateur du groupe La Jeune Peinture belge en juillet 1945 (à ses côtés, entre autres, Anne Bonnet, Louis Van Lint, Jo Delahaut, Marc Mendelson, René Barbaix, etc.), il participe à toutes les expositions du groupe. Il en est l’une des figures les plus originales. En 1950, l’architecte Jacques Dupuis lui construit un atelier à la conception audacieuse dans un coin d’Uccle où il vivra pendant trente-quatre ans. Après des débuts dans la peinture de genre (des intérieurs intimistes), il commence un lent processus de décantation de la réalité pour bientôt n’en garder que l’essentiel, quelques lignes fortement signifiantes, sobres et raffinées, associées à de grandes zones colorées (peinture à l’huile ou aquarelle).

Aboutissement d’une commande de l’éveché de Namur due à l’initiative du Chanoine Lanotte (le responsable des aménagements architecturaux et esthétiques des édifices religieux de l’évêché) et après de nombreuses études préparatoires, Gaston Bertrand peint durant l’été deux fresques sur mortier frais : Sainte Julienne et la Sainte Trinité dans notre église Sainte Julienne.

Chacune des œuvres semble être une composition architecturale dont l’équilibre est dû à une représentation minimale, que cela soit pour un portrait (L’Homme au Jabot, 1964, Bruxelles, M.R.B.A.B.) ou pour une vue du métro parisien. Jamais, il ne basculera dans l’abstraction comme le firent d’autres membres de la Jeune Peinture belge.

En 1987, il est élu membre de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale de Belgique. En 1989, la Fondation Gaston Bertrand voit le jour pour assurer la promotion et la conservation de ses œuvres. En 1994, cette figure majeure de l’art belge disparaît terrassé par une crise cardiaque.

Article inspiré largement de Wikipedia
Un ouvrage complet a été publié sur cet artiste belge : "Gaston Bertrand" par Serge Goyens de Heusch publié par le Fonds Mercator. Le site internet de sa fondation contient également une biographie détaillée.


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